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Politique de sécurité et de défense de De La Espriella : la nécessité d'un « Plan Lazo 2.0 » pour éviter les erreurs du passé

Por Luis Alberto Villamarin Pulido
Politique de sécurité et de défense de De La Espriella : la nécessité d'un « Plan Lazo 2.0 » pour éviter les erreurs du passé
Le Conseiller à la Sécurité Nationale de De La Espriella doit mettre en œuvre le Plan Lazo 2.0

    Introduction

    En Colombie, la sécurité et la défense nationales exigent un pragmatisme exempt de dogmes idéologiques, mais fermement ancré dans la réalité historique du conflit armé. La politique du gouvernement De La Espriella — orientée vers le rétablissement de la fermeté institutionnelle, l'exigence de résultats opérationnels probants de la part des Forces militaires et la restructuration de l'appareil sécuritaire de l'État — vise à reconstruire l'ordre institutionnel de la République. Néanmoins, exiger des résultats opérationnels per se comporte des risques systémiques.

    Il serait plus avisé d'intégrer de manière holistique cette incontournable fermeté militaire au sein d'un « Plan Lazo 2.0 ». L'objectif n'est pas de répéter les méthodes des années 1960, mais de faire évoluer le concept d'action intégrale de l'État : la force coercitive de la loi doit progresser en parfaite synchronie avec la guerre politique, l'action psychologique, le développement communautaire et institutionnel, ainsi qu'une solide fortification morale et constitutionnelle.

    De plus, il convient de restructurer l'organe directeur de la paix et de la sécurité nationale en renforçant la Conseilleria nationale de la sécurité. Placé sous la direction d'un militaire de carrière intègre et compétent, cet organisme aurait pour mission de coordonner la soumission des terroristes à la justice — sans leur accorder de privilèges prolongés dans le temps — tout en jetant les bases d'un projet d'État à 40 ans issu d'un parti politique doctrinaire.

    Nœud stratégique : causes historiques, erreurs passées et nécessité du Plan Lazo 2.0

    Genèse de la violence tripartite et fausses solutions

    La violence endémique qui sévit en Colombie n'est ni un phénomène fortuit ni la simple conséquence de la marginalité sociale. Elle est le produit d'une conduite politique défaillante des affaires de l'État, de polarisations artificielles créées par des élites dirigeantes soucieuses de se maintenir au pouvoir, ainsi que de l'action systématique du Parti communiste. Ce dernier, à travers ses bras armés et sa stratégie de « combinaison de toutes les formes de lutte », a tenté pendant des décennies de s'emparer du pouvoir et d'imposer un modèle autoritaire par la violence et le terrorisme.

    Face à cette menace multiforme, la classe politique traditionnelle a répété au pays un catalogue de fausses panacées : processus de paix mal conçus, réformes constitutionnelles hâtives, clientélisme et alternances forcées. Aucun de ces palliatifs n'a offert un véritable projet d'État à long terme. Au lieu de consolider l'État de droit, ces négociations assymétriques ont accordé une impunité et une légitimité politique à des structures criminelles, leur permettant de se recomposer sur le plan stratégique.

    Entre exigence opérationnelle et transgression doctrinaire

     Les approches visant à rétablir l'ordre partent d'une constante valide : sans sécurité, il n'y a pas de développement, et la criminalité doit être combattue par la force légitime de l'État. Dès lors, les résultats opérationnels ne sont pas optionnels ; ils constituent un devoir constitutionnel inaliénable des Forces armées pour garantir la souveraineté et protéger les citoyens.

    Cependant, l'expérience historique sous les gouvernements d'Álvaro Uribe Vélez et de Juan Manuel Santos a laissé de amères leçons que la doctrine ne saurait ignorer. La pression disproportionnée et quantitative pour obtenir des « neutralisations » et des résultats immédiats, dépourvue d'un accompagnement adéquat en matière d'action intégrale, d'intelligence juridique solide et d'une stricte éthique du commandement, a entraîné de graves dérives operatoires. Ces erreurs se paient aujourd'hui au prix fort devant une juridiction conçue sur mesure pour les terroristes.

     Ces dérapages opérationnels ont coûté cher en termes de légitimité et ont offert sur un plateau d'argent la victoire narrative aux FARC et à leurs alliés idéologiques. Profitant de ces failles, les structures subversives ont redoré leur image auprès de l'opinion publique internationale, se posant en victimes et promouvant le jugement de la Force publique. La création de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) et la ternissure de la mémoire institutionnelle sont la conséquence directe de ne pas avoir blindé l'efficacité opérationnelle par une solide fortification morale, constitutionnelle et des plans d'État à long terme.

    Vers le Plan Lazo 2.0 : Action intégrale et guerre politique

    Un concept rénové, baptisé Plan Lazo 2.0, éviterait de répéter ces tragiques dénouements, en offrant un cadre stratégique à toute exigence d'efficacité opérationnelle. Le Plan Lazo originel (1962-1965) considérait que la victoire de l'État sur la subversion ne s'obtenait pas exclusivement sur le champ de bataille, mais en gagnant les cœurs et les esprits de la population grâce à un travail social articulé.

      Dans cette optique, le Plan Lazo 2.0 s'articulerait simultanément autour de quatre axes d'action :

      Force coercitive légitime : Des opérations militaires de haute précision et du renseignement stratégique, strictement conformes au Droit international humanitaire (DIH), mais inflexibles pour neutraliser les structures du crime organisé et du narcotrafic.

      Guerre politique et psychologique : Le démantèlement systématique des récits de désinformation propagés par les bandes criminelles et les groupes narcoterroristes, ainsi que la neutralisation judiciaire de leurs réseaux de soutien urbain et de leur influence médiatique.

      Développement et présence institutionnelle : L'implantation immédiate des capacités de l'État (infrastructure, santé, éducation, justice, connectivité) dès le contrôle militaire établi, afin d'empêcher que le vide institutionnel ne soit de nouveau coopté par les terroristes.

     Fortification morale et constitutionnelle : Une formation continue en éthique publique, en commandement responsable et en intégrité juridique pour chaque officier, sous-officier, agent et soldat, garantissant que l'accomplissement du devoir soit irréprochable et transparent devant les tribunaux.

     Restructuration institutionnelle : Conseilleria de la sécurité et Conseilleria de la paix

     Dans la révision de la structure du pouvoir exécutif, le gouvernement De La Espriella envisage la suppression de la Conseilleria nationale de la paix pour la remplacer par une Conseilleria nationale de la sécurité. En réalité, cette instance aurait dû exister dès les débuts de la République ; elle est aujourd'hui un impératif pour vaincre structurellement le narcoterrorisme.

     À cette fin, une équipe chargée de coordonner la reddition et la soumission à la justice des narcoterroristes doit être maintenue en tant qu'appendice technique et opérationnel subordonné à la Conseilleria nationale de la sécurité. Pendant ce temps, les ministères et la Force publique pacifieront intégralement le pays, tandis que la justice agira sans complaisance contre ceux qui refusent de se soumettre à la Constitution et aux lois en vigueur.

     La paix réelle n'est pas l'absence de force, mais le résultat direct de la sécurité juridique, de l'autorité de l'État et de la consolidation de l'État de droit.

    Profil du Conseiller à la sécurité nationale

    Ce poste doit impérativement être confié à un militaire de carrière en retraite, réunissant les qualités suivantes :

     Expérience du combat et connaissance du territoire : Un professionnel des armes ayant sillonné la géographie nationale, connaissant les dynamiques réelles du conflit sur le terrain et ne théorisant pas depuis des bureaux urbains.

     Intégrité morale irréprochable : Un officier exempt de toute mise en cause pour actes illégaux, sans enquêtes ni procédures devant la JEP, et d'une probité éthique incontestable.

     Vision d'État et capacité de communication : Une personnalité dotée d'une vision globale du pays, capable d'argumenter avec une solidité stratégique devant le Congrès, les médias et la communauté internationale. Le grade de général ou d'amiral n'est pas une condition absolue ; l'élément déterminant réside dans la capacité d'analyse, le leadership doctrinaire et la vision géopolitique.

      Critères de sélection de l'équipe technique

      L'équipe de travail de cette Conseilleria de la sécurité nationale doit se démarquer catégoriquement des pratiques traditionnelles du clientélisme politique. Il ne saurait être question de nominations arbitraires, de renvois d'ascenseur électoraux ou de népotisme.

    La sécurité et la paix de la Nation exigent un corps d'experts hautement qualifiés en renseignement stratégique, géopolitique, développement communautaire, droit international, économie de la défense, et possédant l'aptitude à mener des négociations de reddition dans l'intérêt supérieur des Colombiens, et non dans celui des terroristes.

     Il est donc urgent de structurer cette équipe, d'en définir les fonctions et le périmètre, et d'élaborer son Plan stratégique de sécurité et de consolidation institutionnelle, projeté sur un horizon initial de quatre ans et avec des perspectives à plusieurs décennies.

     Un projet d'État à 40 ans

     Le leadership politique transformateur dont la Colombie a besoin ne peut se limiter à un mandat présidentiel de quatre ans. Les problèmes structurels de la Nation imposent de tracer un projet d'État à 40 ans. Pour maintenir cette vision dans le temps, il est impératif de fonder un parti politique doctrinaire, structuré non comme un club électoral éphémère, mais comme une école permanente de formation des cadres politiques et gouvernementaux.

    L'ensemble de l'action de la Conseilleria de la sécurité nationale doit s'aligner sur ce plan stratégique, orienté vers le développement intégral de la Colombie, le renforcement des libertés individuelles et la préservation de la souveraineté nationale, au-dessus des intérêts de factions ou de castes particulières.

     Conclusion

      L'exigence de résultats opérationnels contondants dans la lutte contre la criminalité est un devoir inéluctable pour restaurer l'ordre et l'institutionnalité en Colombie. Néanmoins, le patriotisme responsable impose d'assimiler les leçons de l'histoire récente : la force sans doctrine, sans plan stratégique articulé et sans stratégie intégrale de guerre politique et d'action communautaire mène au désastre institutionnel et à la victimisation des membres de la Force publique.

      Pour s'imposer comme une solution d'avenir, la politique de sécurité du gouvernement De La Espriella doit adopter d'urgence un Plan Lazo 2.0 qui intègre l'action militaire, la guerre politique, l'action psychologique, le développement communautaire et le renforcement des valeurs constitutionnelles.

     En articulant une Conseilleria nationale de la sécurité dirigée par un officier intègre, et en inscrivant ces actions dans un projet d'État à 40 ans, la Colombie se garantira une sécurité durable, une justice réelle et la consolidation définitive de la République.

     À propos de l'auteur :

     Le lieutenant-colonel Luis Alberto Villamarín Pulido est un officier supérieur en retraite de l'armée colombienne, analyste international reconnu en affaires stratégiques, géopolitique et sécurité nationale. Auteur de plus de 40 ouvrages sur le conflit colombien et le terrorisme international, il intervient comme conférencier et consultant auprès des principaux médias du monde hispanophone.

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